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Paradis fiscaux : la colère du Panama contre la France

 

Les autorités françaises maintiennent toujours ce pays d’Amérique centrale sur leur liste des paradis fiscaux alors que l’OCDE et l’Union européenne l’en ont retiré.

C’est un virage important qu’a décidé d’amorcer le Panama avec la décision d’échanger automatiquement les données fiscales avec plus de trente pays dans le monde. Cela a nécessité, pour cet Etat d’Amérique centrale, un changement de cap en même temps qu’un sérieux travail d’adaptation. Il a fallu recruter, former des agents, installer des systèmes permettant ces échanges.

En jouant ainsi la carte d’une plus grande transparence fiscale,  le Panama s’est mis « à 100 % en conformité avec les standards internationaux », se félicite Isabel de Saint Malo, vice-présidente du Panama. « Les premiers échanges ont démarré et nous entendons à présent ajouter de nouveaux pays à cette liste », explique la numéro deux du pays qui cumule cette fonction avec celle de ministre des Affaires étrangères.

A la suite du scandale d’évasion fiscale des « Panama papers  » en 2016, l’OCDE avait affirmé que le pays centro-américain était « le dernier grand bastion » où peuvent se cacher de grandes fortunes. La France a alors inscrit le Panama sur sa liste des paradis fiscaux. L’Union européenne avait fait de même avant de se raviser peu après.

Ces mises à l’index successives ont poussé les autorités du pays à accélérer des réformes de son secteur financier et à adhérer à plusieurs accords de l’OCDE, notamment celui sur l’échange automatique d’informations. Un changement d’attitude contraint et forcé qui a permis au Panama d’être successivement retiré de la liste noire des paradis fiscaux de l’OCDE et de celle de l’Union européenne en début d’année.

Rejet ferme de l’attitude de la France

Mais la France ne s’inscrit pas dans le même mouvement. « Nous regrettons que quelques pays parmi lesquels la France, ne reconnaissent pas les efforts accomplis. » Une position d’autant plus incompréhensible pour Isabel de Saint Malo que « la France est membre de l’Union européenne et de l’OCDE. Je rejette fermement son attitude », s’emporte Isabel de Saint Malo qui avoue ne pas comprendre l’attitude de Paris. Il existe bien, dit-elle, des discussions techniques mais les dossiers n’avancent pas. Selon elle, il n’y a pas d’alternative : « Il faut que la France retire le Panama de sa liste »,martèle-t-elle. Contacté par les « Echos », Bercy n’a pas souhaité

Journées mondiales de la Jeunesse

S’il reste un pays marqué par de fortes inégalités, le Panama bénéficie de motifs de satisfaction : une croissance solide (+6 % attendus en 2018) et plusieurs chantiers d’infrastructures parmi lesquels le métro de Panama City. En attendant, le pays met la dernière main à l’organisation des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) 2019 qui doivent accueillir, courant janvier, le Pape François ainsi que plus de 500.000 jeunes catholiques du monde entier.

 

Publié le 17 Octobre 2018 par lesechos.fr


https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/0302393403480-paradis-fiscaux-la-colere-du-panama-contre-la-france-2214468.php



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